Les noisetiers disponibles dans notre pépinière

Acheter un noisetier bio, c'est choisir le fruitier le plus rapide à mettre en production et le plus simple à conduire : aucune taille obligatoire, rustique dans toute la France, il s'accommode même des sols calcaires. Nous multiplions cinq variétés, choisies d'abord sur le goût de la noisette.
Le noisetier est autostérile. Il en faut toujours deux, dont les floraisons se chevauchent. Nos associations :

Pour croquer la noisette telle quelle, le calibre et le parfum suffisent. Pour un praliné ou une pâte à tartiner, il faut que la seconde peau se détache après torréfaction : c'est ce qui sépare nos variétés bien plus sûrement que leur taille.
Planté en haie, le noisetier structure le jardin et fournit du pollen aux abeilles en fin d'hiver, quand il n'y a presque rien d'autre en fleur. Expédition en racines nues de fin novembre à mars.
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Quelle est la meilleure variété de noisetier ?

Il n'y a pas de meilleure variété dans l'absolu, mais il y a une meilleure variété par usage, et c'est là que le choix se joue.
Pour le praliné et la pâte à tartiner, la Tonda di Giffoni, parce que sa seconde peau part à la torréfaction. Pour la plus grosse noisette, le Fertile de Coutard. Pour un jardin à gelées tardives, le Corabel, dont la floraison s'ouvre après la période à risque. Pour polliniser et pour récolter facilement, la Merveille de Bollwiller. Pour le feuillage, le noisetier Pourpre, dont les noisettes se mangent aussi.
Si vous n'en plantez que deux, prenez une Tonda di Giffoni et une Merveille de Bollwiller. C'est l'association qui couvre le plus de situations : deux bonnes noisettes, deux usages différents, une récolte qui s'étale de septembre à octobre, et une pollinisation réglée.

Quelle est la meilleure noisette pour le praliné et la pâte à tartiner ?

La Tonda di Giffoni, sans hésiter, et pour deux raisons techniques que les descriptifs de vente mentionnent rarement.
La première, c'est l'émondage. Un praliné se fait avec des noisettes torréfiées puis débarrassées de leur seconde peau, cette pellicule brune qui entoure l'amande. Si elle ne part pas, elle apporte de l'amertume et pique la pâte de points noirs. Sur la Tonda di Giffoni, elle se détache toute seule au sortir du four, en frottant les noisettes dans un torchon. C'est exactement ce qui en a fait la variété de référence de la confiserie italienne, dans la région de Salerne d'où elle vient.
La seconde, c'est la teneur en huile. Une noisette grasse libère sa matière grasse à la torréfaction et donne une pâte lisse sans qu'on ait à rajouter quoi que ce soit. Le rendement en amandon de la Tonda di Giffoni tourne autour de 44 à 48 %, ce qui la place parmi les meilleures : sur un kilo de noisettes en coque, c'est presque un demi-kilo d'amande utile.
Sa forme parfaitement ronde joue aussi. Elle torréfie de façon régulière, là où une noisette allongée cuit trop sur les pointes avant que le cœur ne soit fait.
Le Fertile de Coutard vaut la Tonda di Giffoni au goût, et sa noisette est bien plus grosse. Mais sa pellicule tient, et il faut l'émonder pour de bon. C'est une excellente noisette de bouche, de pâtisserie et de séchage ; pour un praliné, c'est du travail en plus.

Quelle variété donne les plus grosses noisettes ?

Le Fertile de Coutard, une des plus grosses noisettes de France : environ 1,5 cm de diamètre, ronde, à chair ivoire ferme et bien parfumée. C'est une très vieille variété du Sud-Est, devenue la plus plantée chez les amateurs, sur un arbuste vigoureux et à mise à fruit rapide. C'est aussi la variété qui constitue à elle seule l'essentiel du verger corse et de son IGP.
Le Corabel est son égal en calibre, et ce n'est pas un hasard : c'est un semis naturel de Fertile de Coutard, sélectionné par l'INRA en 1969 et inscrit au catalogue français en 1987. Il en reprend le gros fruit, en y ajoutant une coque bien remplie et une floraison tardive.
La Merveille de Bollwiller suit de près, avec un avantage à la récolte : ses noisettes tombent groupées et se ramassent vite, ce qui compte quand la production monte.

Quel est le noisetier le plus productif ?

Le Corabel, et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il est devenu la variété de table la plus plantée en France depuis les années 1990. Arbre très vigoureux, mise à fruit rapide, productivité régulière et élevée.
La Tonda di Giffoni vient juste derrière, avec une régularité de production remarquée par les producteurs italiens. Le Fertile de Coutard est également très productif.
La Merveille de Bollwiller produit moins que les trois autres. Ce n'est pas un défaut, c'est son rôle : elle est d'abord le pollinisateur de la gamme et une noisette de bouche agréable à ramasser.
Une précision qui vaut pour toutes les variétés. La productivité d'un noisetier dépend moins du cultivar que de la pollinisation. Un sujet seul, même réputé très productif, donnera des coques vides. Deux variétés bien appariées donnent beaucoup, sur n'importe laquelle des cinq.

Quel noisetier résiste le mieux à la sécheresse et à la canicule ?

La Tonda di Giffoni. C'est la seule variété de notre gamme sélectionnée dans un climat chaud : elle vient du sud de l'Italie, où elle est cultivée jusque dans la région de Naples précisément pour sa tolérance à la chaleur. À une condition, et elle est ferme : tolérer la chaleur n'est pas se passer d'eau. Sans arrosage en été, elle noue mal.
Trois réflexes qui changent tout, quelle que soit la variété :
  • Pailler épais au pied, dès la plantation. Le noisetier a un système racinaire superficiel, et c'est lui qui souffre en premier. Le cahier des charges du verger corse impose d'ailleurs une profondeur de sol homogène de 40 à 50 cm minimum pour un bon démarrage.
  • L'installer en situation fraîche, en lisière, contre une haie, ou à mi-ombre l'après-midi en région chaude. Il vient des sous-bois, pas des garrigues, et il fructifie très bien à mi-ombre.
  • L'arroser les deux ou trois premiers étés, sans exception. Passé ce cap, il encaisse les coups de chaud courts.

Il y a une raison physiologique précise à cette vigilance estivale, et elle est propre au noisetier. La noisette ne se remplit pas au printemps mais en plein été : la fécondation n'a lieu qu'en juin, et l'amande atteint sa taille définitive six semaines plus tard, début août. Une canicule sur cette fenêtre tombe exactement sur le remplissage, et se paie en calibre et en coques vides. C'est aussi pour ça qu'un arrosage de juillet est plus utile que dix arrosages de mai.
Un point à connaître avant d'acheter. Beaucoup de listes de « végétaux résistants à la sécheresse » citent le noisetier. Elles parlent en réalité du noisetier de Byzance, Corylus colurna, un arbre d'ornement de grand développement qui sert aussi de porte-greffe. Le noisetier à noisettes, Corylus avellana, que nous produisons, tolère la sécheresse une fois installé mais reste un arbuste de sol frais. Rien de rédhibitoire, à condition de le planter au frais et de le pailler.

Quel noisetier résiste le mieux aux maladies ?

Le Corabel, obtention INRA issue du Fertile de Coutard. Il se comporte bien face à la bactériose et au phytopte, les deux problèmes qui reviennent réellement sur noisetier, et son débourrement très tardif le met hors d'atteinte des gelées de printemps.
La Tonda di Giffoni est elle aussi reconnue très peu sensible à ces deux problèmes, ce qui en fait la variété la plus sûre de la gamme sur ce plan, au calibre près.
La Merveille de Bollwiller est peu sensible à la bactériose et très résistante aux grands froids hivernaux.
Deux mots sur ce qu'on appelle des maladies du noisetier, puisque les noms ne parlent à personne. La bactériose (Xanthomonas arboricola pv. corylina) fait noircir et dessécher les jeunes pousses, surtout sur sujets jeunes et en printemps humide. Le phytopte, ou acarien des bourgeons, fait gonfler les bourgeons en boules qui ne débourrent jamais : on les repère facilement en hiver, et on les supprime à la main sur un jeune arbuste.
Le noisetier reste, de toute façon, l'un des fruitiers les plus sains du verger. C'est l'une des rares espèces que nous conduisons sans aucun traitement.

Pourquoi mes noisettes sont-elles vides ?

C'est la première déception du noisetier. Trois causes, dans l'ordre de fréquence.
Une pollinisation incomplète. C'est de loin la première, et la plus facile à corriger. Un noisetier seul, ou deux variétés dont les émissions de pollen ne croisent pas la réceptivité des fleurs femelles, donnent des coques formées mais creuses. La coque se développe même sans fécondation : c'est ce qui trompe.
Le balanin. Ce petit charançon (Curculio nucum) pond dans la noisette en formation, la larve mange l'amande, et vous ramassez une coque percée d'un trou net et parfaitement rond. Là, il y a un levier variétal, et il est réel : la Merveille de Bollwiller a une coque épaisse qui décourage la ponte, ce qui la rend nettement moins sensible au balanin que les variétés à coque fine. Pour le reste, le ramassage systématique des noisettes tombées au sol, avant que la larve n'en sorte pour hiverner dans la terre, fait baisser la pression d'une année sur l'autre.
Un coup de chaud en juillet. Voir la section précédente : le remplissage se fait en plein été, sur un arbuste à racines superficielles.
Le trou dans la coque tranche entre les deux premières causes en une seconde. Trou net : balanin. Coque intacte et creuse : pollinisation.

Faut-il deux noisetiers pour avoir des noisettes ?

Oui, toujours. Le noisetier porte des fleurs mâles et des fleurs femelles sur le même pied, mais il ne se féconde pas lui-même : aucune de nos variétés n'est autofertile, Merveille de Bollwiller comprise. Il faut deux variétés différentes, plantées à quelques mètres l'une de l'autre. La pollinisation se fait par le vent, pas par les insectes.
Ce qui compte n'est pas la distance mais l'appariement. Les chatons libèrent leur pollen de janvier à mars, et beaucoup de variétés sont protandres : leur pollen part avant que leurs propres fleurs femelles ne soient réceptives. D'où l'intérêt d'un bon pollinisateur tardif.
C'est précisément le rôle de la Merveille de Bollwiller, qui pollinise l'ensemble des variétés cultivées en France. Elle convient à nos quatre autres : Tonda di Giffoni, Fertile de Coutard, Corabel et Pourpre. Dans l'autre sens, le Corabel et la Tonda di Giffoni sont eux-mêmes d'excellents pollinisateurs, et le Pourpre pollinise la Merveille de Bollwiller.
Une curiosité qui explique beaucoup de choses. Chez le noisetier, la pollinisation et la fécondation ne se suivent pas. Le pollen se dépose sur les stigmates en hiver, le tube pollinique pousse quelques jours, puis s'arrête net et reste en sommeil. Il ne reprend sa croissance qu'aux chaleurs de la fin du printemps, et l'ovule n'est fécondé qu'en juin, quatre à cinq mois après le dépôt du pollen. C'est un cas presque unique chez les fruitiers, et c'est pour cette raison qu'une année à belle floraison peut quand même finir en récolte médiocre : entre les deux, il s'est passé un printemps entier.

Quelle période pour planter un noisetier ?

De fin novembre à mars, en racines nues, hors période de gel. Nos expéditions démarrent à la chute des feuilles, en général autour de la Sainte-Catherine.
Fin novembre reste la meilleure fenêtre : avec les hivers devenus doux, l'arbuste racine tout l'hiver pendant que la partie aérienne ne demande rien, et il est prêt au débourrement. À la plantation, mélangez la terre du jardin pour moitié avec un terreau mycorhizé et ajoutez de la corne broyée, qui soutiendra l'arbuste deux à trois ans.
Les distances. Comptez 3 mètres entre deux sujets pour une haie fruitière, 5 mètres en verger si vous voulez des touffes bien éclairées et faciles à récolter. Le cahier des charges du verger corse retient 5 mètres minimum dans les deux sens. Peu importe la distance exacte, en revanche, gardez le pollinisateur dans un rayon d'une quinzaine de mètres : le nuage de pollen se dilue vite.
L'exposition. Soleil ou mi-ombre, les deux conviennent. Une exception utile à connaître pour le Fertile de Coutard, dont la floraison est précoce et gèle certaines années : l'orienter au nord retarde sa floraison et lui fait passer la période à risque. C'est un vieux truc de pépiniériste, et il marche.
La conduite. Le noisetier se mène naturellement en cépée. Rabattez le plant à 80 cm la première année pour faire partir quatre à six branches du pied et obtenir une touffe aérée. Aucune taille n'est ensuite obligatoire ; supprimez simplement quelques vieilles branches dégarnies en fin d'hiver pour renouveler.

Est-ce qu'un noisetier pousse vite ?

Oui, c'est l'un des fruitiers les plus rapides, et l'un des rares dont on n'attend pas dix ans. Les premières noisettes arrivent en général la troisième ou la quatrième année sur nos variétés à mise à fruit rapide, avec une production qui devient sérieuse vers cinq ou six ans. Le Fertile de Coutard, le Corabel et la Tonda di Giffoni sont tous les trois donnés à mise à fruit rapide.
Il vit longtemps, aussi : de trente à soixante ans en production. Et rabattu au ras du sol, il repart de souche et se régénère, ce qui en fait un arbuste de haie pratiquement inusable.
Une contrepartie à connaître : le Fertile de Coutard drageonne, c'est-à-dire qu'il produit des rejets à son pied. En haie c'est un avantage, ça densifie. En sujet isolé au milieu d'une pelouse, il faut passer un coup de bêche une fois par an. La Tonda di Giffoni et le Corabel drageonnent peu.

Longue d'Espagne, Nottingham, Cosford : les variétés qu'on nous demande

Ces noms reviennent souvent, et ce sont de bonnes variétés. Nous ne les multiplions pas, pour une raison simple : elles font le même travail que celles de notre gamme sans la surpasser sur le point qui nous intéresse, la qualité de la noisette à l'usage. Nous préférons produire cinq variétés que nous connaissons bien plutôt qu'une liste plus longue.
Quelques équivalences si vous cherchiez l'une d'elles. Pour le calibre d'une Longue d'Espagne, le Fertile de Coutard fait mieux. Pour une Webb's Prize Cob, sachez qu'elle est issue d'un semis de Merveille de Bollwiller, dont elle descend directement. Et si vous cherchiez un Géant de Halle, c'est la Merveille de Bollwiller : ce sont deux noms de la même variété alsacienne du XIXe siècle.
Texte rédigé par Patrice Gambard, pépiniériste, Au Coin du Fruit, Rieucros (Ariège). Mis à jour en septembre 2026.