Les asiminiers disponibles dans notre pépinière
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L'asiminier (Asimina triloba), appelé paw paw, mangue du Canada ou papaye rustique, est le seul membre de la famille des Annonacées, cousine du corossol et de la chérimole, à prospérer sous nos climats. Il supporte -25 °C et ne connaît pratiquement aucune maladie : c'est le fruitier idéal d'un verger sans traitement.Son fruit, l'asimine, a une chair crémeuse qui rappelle l'avocat pour la texture, avec un goût entre la mangue, la banane et l'ananas. Vous ne le trouverez jamais en magasin : il se conserve trop peu de temps pour voyager.
La grande majorité des variétés exigent une pollinisation croisée. Sunflower s'impose techniquement comme l'asiminier autofertile de référence pour obtenir une récolte à partir d'un seul plant.
Quelle variété d'asiminier choisir ?
Contrairement à la plupart des fruitiers, le choix ne se joue pas sur le climat : l'asiminier pousse partout en France. Il se joue sur trois critères.La pollinisation d'abord. Si vous ne plantez qu'un seul arbre, il vous faut une variété autofertile. Si vous en plantez deux, tout le catalogue s'ouvre.
Le calibre et le nombre de graines ensuite. L'asimine contient de grosses graines, et les variétés modernes ont été sélectionnées pour en réduire la proportion. C'est un vrai critère de confort à la dégustation.
La date de récolte enfin. Les asimines mûrissent de fin août à mi-octobre selon les variétés. Deux arbres décalés étalent la récolte de plusieurs semaines, ce qui compte pour un fruit qui ne se garde pas.
L'asiminier est-il autofertile ?
Dans l'immense majorité des cas, non, et c'est la première cause de déception chez ceux qui plantent un paw paw seul.Les fleurs de l'asiminier sont auto-incompatibles : le pollen d'un arbre ne peut pas féconder ses propres fleurs. Il faut donc deux variétés différentes, plantées à moins de douze à quinze mètres l'une de l'autre.
Quelques variétés font exception et produisent seules. Le Sunflower est la plus répandue et la plus fiable d'entre elles, et c'est celle que nous conseillons pour un premier arbre. Elle a un second avantage : elle sert aussi d'excellent pollinisateur si vous agrandissez votre plantation ensuite.
Cela dit, même une variété autofertile produit nettement mieux accompagnée. Et surtout, l'autofertilité ne règle qu'une moitié du problème. L'autre moitié est expliquée juste en dessous.
Pourquoi votre asiminier fleurit sans donner de fruits
C'est le point que presque personne n'explique, et il compte plus que le choix de la variété.L'asiminier n'est pas pollinisé par les abeilles. Ses fleurs pourpre chocolat dégagent une odeur de charogne, et elles attirent des mouches et des coléoptères, pas des butineurs. C'est une stratégie qui fonctionne très bien dans les sous-bois humides d'Amérique du Nord, où ces insectes abondent. Dans un jardin français propre et bien tenu, ils sont beaucoup plus rares.
Résultat : un asiminier peut fleurir abondamment, avoir un pollinisateur compatible à trois mètres, et ne nouer presque aucun fruit, simplement parce que rien n'a transporté le pollen.
Deux solutions, et elles sont efficaces.
La première consiste à attirer les bons insectes. Un composteur, un tas de tonte en décomposition ou un fumier à proximité des arbres change complètement la donne au moment de la floraison. Cela paraît trivial, c'est pourtant le geste le plus rentable sur cette espèce.
La seconde est la pollinisation manuelle, pratiquée par tous les producteurs sérieux. Avec un pinceau fin, prélevez le pollen sur les fleurs d'une variété au stade où les étamines sont brunes et poudreuses, et déposez-le sur les stigmates d'une autre variété, encore verts et brillants. Les fleurs étant à des stades décalés sur un même arbre, un seul passage tous les deux jours pendant la floraison suffit à transformer une récolte.
C'est ce qui sépare un asiminier ornemental d'un asiminier productif, et c'est vrai y compris sur les variétés autofertiles.
Asiminier greffé ou plant de semis : lequel choisir ?
Nous proposons les deux, à des prix très différents, et le choix mérite d'être expliqué.Un plant de semis est issu d'une graine. Comme l'asiminier ne se reproduit pas fidèlement par semis, l'arbre obtenu sera génétiquement unique : ses fruits peuvent être excellents comme médiocres, gros comme petits, et vous ne le saurez qu'après plusieurs années. Il faut compter six à huit ans avant la première fructification. C'est la voie du curieux et du patient, et c'est une excellente base pour créer un verger diversifié à moindre coût.
Un arbre greffé reproduit exactement la variété. Vous savez ce que vous allez récolter, la mise à fruit intervient vers cinq ans, et la qualité gustative est garantie. C'est ce qui explique la différence de prix, et c'est le choix à faire si vous plantez pour manger plutôt que pour expérimenter.
Un conseil de bon sens si vous avez la place : un greffé pour la qualité, un semis à côté comme pollinisateur. Vous obtenez une récolte fiable, une diversité génétique, et un budget contenu.
Nos variétés d'asiminiers greffés
- Sunflower l'autofertile de référence : un seul arbre donne des fruits, jusqu'à 200 g, chair crémeuse jaune pâle qui se mange à la cuillère, entre banane et mangue. Greffé sur franc, il fructifie vers cinq ans
- KSU Atwood issu du programme de sélection de l'université du Kentucky, la référence mondiale sur cette espèce. Excellente conservation, grande résistance aux maladies et forte productivité
- Overleese une valeur sûre à gros fruits, chair onctueuse aux notes tropicales de mangue et de banane
- Davis chair onctueuse, texture fondante et juteuse, saveurs de banane et de mangue
- Jerry's Big Girl chair jaune clair, ferme et crémeuse, très proche de la texture de l'avocat, saveur douce et sucrée
- Tropical Treat sélectionnée pour sa saveur et son cœur particulièrement crémeux
- Sélection de semis plants issus de graines sélectionnées, la solution économique pour diversifier ou pour servir de pollinisateur
Quel goût a l'asimine, et comment la manger ?
C'est la question que se posent tous ceux qui n'en ont jamais goûté, et aucune description ne remplace la dégustation.La chair est crémeuse, presque onctueuse, d'une texture qui évoque celle de l'avocat ou d'un flan. Le goût est franchement tropical : mangue et banane dominent, avec des notes d'ananas et parfois de vanille selon les variétés. C'est un fruit très sucré, sans acidité.
On la mange à la cuillère, coupée en deux, quand elle cède sous le doigt comme un avocat mûr. Elle se prête admirablement aux desserts crus : glaces, mousses, smoothies, flans.
Deux points à connaître. La peau et les graines ne se consomment pas. Et la chair noircit à la cuisson en perdant une partie de son arôme, ce qui explique qu'on la travaille presque toujours crue.
Quand récolter les asimines, et combien de temps se gardent-elles ?
Récolte de la fin août à la mi-octobre selon les variétés.Le fruit est mûr quand il cède légèrement sous la pression du pouce et se détache facilement. La couleur de la peau, qui reste verte à jaunâtre, ne dit rien de fiable. Un fruit tombé au sol est souvent parfaitement mûr.
La conservation est très courte : deux à trois jours à température ambiante, une semaine environ au réfrigérateur. C'est précisément la raison pour laquelle vous n'en trouverez jamais chez le primeur, et c'est ce qui fait tout l'intérêt d'en planter un.
Si la récolte arrive d'un coup, la pulpe se congèle très bien, ce qui reste le meilleur moyen d'en profiter toute l'année.
Où et comment planter un asiminier ?
Les racines sont le point critique. L'asiminier développe un pivot fragile et supporte très mal l'arrachage et le déplacement. C'est pour cette raison que nous le vendons en pot et non en racines nues. Choisissez son emplacement définitif avec soin : il n'aime pas être bougé, et il ne faut jamais biner à son pied.Le jeune plant a besoin d'ombre. C'est un arbre de sous-bois à l'état naturel, et ses feuilles brûlent au soleil direct les deux à trois premières années. Ombrez-le, ou plantez-le à l'abri d'un arbre plus grand, puis dégagez-le progressivement : à l'âge adulte, il produira nettement mieux au soleil.
Le sol doit être profond, frais, riche en humus, bien drainé et plutôt acide à neutre. Le calcaire ne lui convient pas.
La distance entre deux arbres ne doit pas dépasser douze à quinze mètres pour que la pollinisation fonctionne, et le plus proche est le mieux.
Un paillage au pied dès le printemps conserve la fraîcheur qu'il apprécie. Il ne demande presque aucune taille : son port est naturellement équilibré.
Questions fréquentes
Faut-il deux asiminiers pour avoir des fruits ? Oui dans la grande majorité des cas, les variétés étant auto-incompatibles. Le Sunflower fait exception et produit seul. Même dans ce cas, un second arbre améliore nettement la récolte.Pourquoi mon asiminier fleurit-il sans fructifier ? Le plus souvent par manque de pollinisation. Ses fleurs sont pollinisées par des mouches et des coléoptères attirés par leur odeur, pas par les abeilles. Un composteur à proximité ou une pollinisation manuelle au pinceau règlent le problème.
L'asiminier résiste-t-il au froid ? Oui, jusqu'à -25 °C une fois installé. C'est l'un des fruitiers exotiques les plus rustiques, et il pousse dans toute la France.
Au bout de combien de temps un asiminier donne-t-il des fruits ? Environ cinq ans pour un arbre greffé, six à huit ans pour un plant de semis.
L'asiminier est-il sensible aux maladies ? Pratiquement pas. C'est l'un des rares fruitiers qui ne demande aucun traitement, ce qui en fait un excellent choix en verger bio ou en permaculture.
Peut-on manger la peau et les graines de l'asimine ? Non, ni l'une ni les autres. Seule la chair se consomme, à la cuillère.
Peut-on cultiver un asiminier en pot ? C'est possible dans un très grand contenant, mais peu recommandé sur la durée : son pivot n'aime pas d'être contraint, et un arbre en pot fructifie mal.
Pourquoi ne trouve-t-on pas d'asimines dans le commerce ? Parce que le fruit ne se conserve que quelques jours et se marque au moindre choc. Il est incompatible avec un circuit de distribution, ce qui en fait un fruit qu'il faut cultiver pour connaître.