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Mi-juillet, l'abricotier lâche ses fruits presque seuls dans la main : dorés, chauds de soleil, sucrés à point. Pour en arriver là, tout se joue au printemps, sur quelques nuits.
On vous dira de choisir une variété tardive. C'est un bon conseil, mais ce n'est pas le seul mécanisme, ni toujours le meilleur. Nous observons chaque année que certaines variétés précoces produisent quand des tardives ont tout perdu, parce que leurs fleurs elles-mêmes encaissent le gel. Le Polonais et le Commun de Clairac sont de celles-là, et ce sont nos deux valeurs les plus sûres.
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Quel abricotier résiste vraiment au gel ?

Tout le monde répond « une variété à floraison tardive ». C'est incomplet, et ça conduit à de mauvais choix.
Il existe deux mécanismes différents, et on ne parle jamais du second.
L'esquive. L'arbre fleurit tard, après le gros des gelées. C'est la stratégie du Bergeron et du Tardif de Tarbes, et elle fonctionne bien les années normales.
La tolérance. La fleur elle-même supporte le froid. L'arbre peut fleurir tôt et produire quand même, parce que ses fleurs ne meurent pas au premier -2 °C.
Ce second caractère est propre à la variété, et il ne se déduit pas de la date de floraison. Une variété précoce à fleurs solides est plus fiable qu'une variété tardive à fleurs fragiles, parce qu'elle ne dépend pas d'un calendrier. La tardive est protégée les années où le gel s'arrête en mars ; elle perd tout l'année où il frappe en avril.
C'est exactement ce que nous constatons au verger. Le Polonais et le Commun de Clairac fleurissent tôt et donnent avec une régularité que certaines tardives n'ont pas. C'est aussi ce que nous observons sur les biricoccolos, ces hybrides de prunier et d'abricotier dont les fleurs tiennent le froid alors qu'elles s'ouvrent parmi les premières.
Notre conseil, si vous n'avez la place que pour un arbre en région à gelées : prenez une variété à fleurs résistantes, pas seulement une variété tardive. Si vous avez la place pour deux, combinez les deux mécanismes : un Polonais et un Bergeron ne perdront jamais leur récolte la même année.
Et dans tous les cas, l'emplacement compte autant que la variété. Un mur exposé plein sud restitue la nuit la chaleur du jour et vous fait gagner les deux degrés qui décident de tout. Un fond de vallon, où l'air froid s'accumule, annule l'avantage de n'importe quelle variété.

Quel est le meilleur abricot ?

Le meilleur abricot est celui qui mûrit sur l'arbre, chez vous, et que vous cueillez le jour où il est prêt. Aucune variété du commerce ne vous donnera cela, pour une raison simple que nous expliquons plus bas : un abricot cueilli ne se sucre plus.
Cela dit, toutes les variétés ne se valent pas, et nous avons un avis tranché.
Pour le goût pur, le Nancy de Clairac et le Paviot sont d'un niveau que peu de variétés atteignent. Pour la confiture, le Luizet est difficile à battre. Pour la fiabilité de récolte, le Polonais et le Commun de Clairac.
Nous comparons nos onze variétés une par une, avec leur date de floraison, leur maturité et leur comportement, dans notre guide des meilleures variétés d'abricotiers.

Variétés anciennes ou modernes : notre position

Nous produisons des variétés anciennes, et nous n'allons pas prétendre qu'elles sont toutes meilleures que les modernes. Ce serait faux.
Ce que les variétés modernes apportent réellement, et il faut le reconnaître : un blush rouge qui rend le fruit magnifique, et une résistance aux maladies que les anciennes n'ont pas. Sur ces deux points, la sélection a fait du bon travail, et une variété récente bien choisie est un arbre facile.
Ce que les anciennes gardent, c'est le goût et le patrimoine. Un Nancy de Clairac ou un Paviot ont une finesse aromatique qui n'a pas été l'objectif principal des programmes de sélection modernes, davantage tournés vers le calibre, la couleur et la tenue au transport.
Mais soyons honnêtes sur la régularité. De toutes les variétés anciennes que nous multiplions, seuls le Polonais et le Commun de Clairac rivalisent vraiment avec les modernes en fiabilité de production. Les autres, nous les greffons pour préserver un patrimoine fruitier qui disparaîtrait sans cela, et parce que leur goût le mérite. Mais nous n'avons pas d'abricots tous les ans dessus.
C'est une information qui ne sert pas la vente, et nous préférons vous la donner avant plutôt qu'après. Si vous plantez une ancienne pour sa saveur, sachez qu'une année sur deux ou sur trois peut être blanche. Si vous voulez une récolte régulière, commencez par le Polonais ou le Commun de Clairac, et ajoutez une variété de collection ensuite.

Nos variétés d'abricotiers

Nos deux valeurs sûres
  • Polonais — vigoureux, autofertile, à mise à fruit rapide. Très gros fruits à chair ferme et sucrée dès la fin juin. Sa floraison est précoce, mais ses fleurs tolèrent remarquablement les gels printaniers : c'est la variété ancienne la plus régulière de notre gamme
  • Commun de Clairac — un fruit délicat et sucré du Sud-Ouest, chair fondante et parfum subtil. Comme le Polonais, il produit avec une régularité rare chez les variétés anciennes

Les tardives, pour esquiver les gelées
  • Bergeron — l'abricot des étals de fin juillet. Sa vraie force au jardin est ailleurs : une des floraisons les plus tardives de l'espèce
  • Tardif de Tarbes — variété ancienne et rustique, sélectionnée précisément pour passer après les gelées

Les variétés de goût, pour ceux qui acceptent l'irrégularité
  • Nancy de Clairac — gros fruits veloutés d'un orange lumineux, chair fondante et intensément parfumée, avec une fine note de pêche
  • Paviot — qualité gustative exceptionnelle, chair fine, fondante et juteuse
  • Pêche de Nancy — chair fondante et sucrée, notes musquées et légèrement acidulées
  • Luizet — le roi des confitures : saveur intense, chair juteuse, peau veloutée orange éclatant
  • Rouge du Roussillon — variété vigoureuse des Pyrénées-Orientales, autofertile et excellent pollinisateur pour les autres

Les particulières
  • Moorpark — la seule dont la maturité s'étale de mi-juillet à fin août, fruit par fruit. Variété anglaise du XVIIIᵉ siècle, à réserver aux bonnes expositions
  • Canino — le plus précoce, dès la fin mai ou en juin, soit quatre à six semaines avant les autres. Pour les climats sans gelée tardive

Pourquoi les abricotiers meurent-ils brutalement ?

C'est la question qu'aucun vendeur ne traite, et pourtant c'est celle qui fait renoncer les gens à l'espèce.
Le phénomène porte un nom : l'apoplexie. Un arbre en pleine santé, parfois chargé de fruits, sèche sur pied en quelques semaines. Les feuilles flétrissent, la gomme suinte le long du tronc, les branches meurent l'une après l'autre.
Ce n'est pas une maladie unique mais un enchaînement, et il commence presque toujours au même endroit : des chancres bactériens installés sous l'écorce du tronc, souvent invisibles jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Ils s'installent d'autant plus facilement que l'écorce a été blessée par une taille d'hiver, un coup de gel ou une brûlure de soleil.
Trois décisions, prises à la plantation, changent radicalement les choses.
Le porte-greffe. Un abricotier greffé sur prunier est nettement moins sujet aux chancres du tronc qu'un abricotier greffé sur amandier ou sur franc. Le Myrobolan tolère en outre l'asphyxie racinaire, ce qui compte plus qu'on ne croit.
La hauteur de greffe. Un tronc haut place la variété sensible hors de la zone où les blessures et l'humidité s'accumulent. C'est une pratique de professionnel, rarement expliquée aux particuliers.
Le sol. Les sols acides prédisposent, les sols calcaires et drainants protègent. Un hiver passé les racines dans l'eau affaiblit durablement l'arbre : c'est souvent le premier maillon de la chaîne.
À cela s'ajoute une règle de conduite : ne taillez jamais un abricotier en hiver.

Mon abricotier débourre en janvier : ce n'est pas de la précocité

Un point de vigilance que nous voulons signaler clairement, parce qu'il est facile à confondre avec un caractère variétal.
Si votre abricotier sort ses feuilles anormalement tôt, dès janvier ou février, avant même de fleurir, et que sa production baisse d'année en année, ce n'est pas une variété précoce. C'est le symptôme caractéristique de l'enroulement chlorotique de l'abricotier, une maladie à phytoplasme transmise par un petit insecte, le psylle du prunier.
Les autres signes apparaissent ensuite : entre-nœuds raccourcis, feuilles qui jaunissent et s'enroulent autour de la nervure centrale, fruits qui tombent quelques jours avant maturité. L'arbre dépérit généralement dans les douze à vingt-quatre mois.
Il n'existe pas de traitement. Un arbre atteint doit être arraché pour éviter la contamination des voisins, et il vaut mieux ne pas replanter un Prunus au même endroit dans la foulée. Les vergers abandonnés et les repousses de porte-greffe hébergeant le psylle, un verger tenu propre est la meilleure prévention.

Quand tailler un abricotier ?

Après la récolte, jamais en hiver. C'est directement lié à ce qui précède.
L'abricotier cicatrise mal. Une plaie faite en hiver reste ouverte pendant des mois de froid et d'humidité, et c'est exactement la porte d'entrée des chancres bactériens qui finissent par tuer l'arbre. Une plaie faite en août, alors que la végétation est active et l'air sec, se referme en quelques semaines.
La taille elle-même reste légère : un éclaircissement de la couronne pour faire entrer la lumière, la suppression du bois mort, des brindilles de l'intérieur et des rejets verticaux. L'objectif est que les branches reçoivent le soleil et ne se portent pas ombre les unes aux autres.
Évitez les grosses coupes, qui provoquent la gommose. Sur un arbre à reprendre, mieux vaut étaler le travail sur deux ou trois étés que tout faire en une fois.

Faut-il deux abricotiers pour avoir des fruits ?

Non. La quasi-totalité des abricotiers sont autofertiles : un seul arbre suffit, sans pollinisateur.
Deux nuances cependant. Un second abricotier fleurissant à la même période améliore souvent la nouaison. Et surtout, si vous plantez plusieurs arbres, combinez les deux stratégies antigel décrites plus haut, et décalez les dates de récolte : la saison de l'abricot est courte et les fruits ne se gardent pas.

Quand récolter les abricots ?

De la fin mai pour les plus précoces jusqu'à la fin août pour les plus tardives, avec le gros de la récolte en juillet.
Un point à connaître avant de cueillir : un abricot cueilli ne se sucre plus. Il continuera de ramollir hors de l'arbre, mais il n'acquerra plus une once de sucre ni de parfum. C'est la différence avec une poire, et c'est ce qui explique la fadeur des abricots du commerce, cueillis fermes pour supporter le transport.
Cueillez donc à pleine maturité : le fruit se colore, se parfume nettement, et se détache presque seul quand on le fait pivoter. C'est une gourmandise que seul un jardin permet.
En contrepartie, l'abricot mûr ne se garde que quelques jours. Prévoyez de transformer au fur et à mesure, ou de congeler en oreillons.

Où et quand planter un abricotier ?

Quand. De fin novembre à mars, pendant le repos végétatif et hors périodes de gel. Nos arbres partent en racines nues sur cette période.
Où. Plein soleil, chaleur, et surtout un sol parfaitement drainant. L'abricotier supporte la sécheresse et le calcaire ; il ne supporte ni l'eau stagnante ni les sols compacts. En terre lourde, plantez sur une butte.
Évitez les fonds de vallon où l'air froid s'accumule au moment de la floraison, et privilégiez une exposition sud ou sud-ouest abritée des vents froids. La conduite en espalier contre un mur donne d'excellents résultats en climat frais.
À quelle distance. Cinq à six mètres entre deux arbres de plein vent, moins en formes palissées.

Questions fréquentes

Quel abricotier résiste le mieux au gel ? Deux caractères différents protègent : une floraison tardive, qui esquive les gelées, et une fleur naturellement tolérante au froid, qui résiste même en fleurissant tôt. Le Polonais et le Commun de Clairac relèvent du second cas et sont nos deux variétés les plus régulières.
Une variété précoce peut-elle mieux résister au gel qu'une tardive ? Oui. La résistance de la fleur est un caractère propre à la variété, indépendant de sa date de floraison. Une précoce à fleurs solides produit plus régulièrement qu'une tardive à fleurs fragiles, parce qu'elle ne dépend pas du calendrier des gelées.
Faut-il deux abricotiers pour avoir des fruits ? Non, la quasi-totalité des abricotiers sont autofertiles. Un second arbre améliore la nouaison sans être nécessaire.
Quel abricotier planter au nord de la Loire ? Le Polonais ou le Commun de Clairac pour la résistance de leurs fleurs, le Bergeron ou le Tardif de Tarbes pour l'esquive par floraison tardive. Idéalement les deux, contre un mur exposé plein sud.
Les variétés anciennes d'abricotiers sont-elles meilleures ? En goût, souvent oui. En régularité de production et en résistance aux maladies, les variétés modernes gardent l'avantage. Chez nous, seuls le Polonais et le Commun de Clairac rivalisent réellement avec les modernes sur la fiabilité.
Mon abricotier fleurit mais ne donne pas de fruits, pourquoi ? Presque toujours parce que les fleurs ont gelé : elles meurent dès -2 °C, souvent sans qu'on remarque quoi que ce soit. Le monilia, qui attaque aussi par les fleurs lors d'un printemps humide, est la seconde cause.
Pourquoi mon abricotier sèche-t-il sur pied ? C'est l'apoplexie, un dépérissement brutal souvent lié à des chancres bactériens sous l'écorce. Le porte-greffe, un sol drainant et une taille pratiquée en été plutôt qu'en hiver en réduisent fortement le risque.
Quand tailler un abricotier ? Juste après la récolte, en été. Jamais en hiver : les plaies cicatrisent mal et ouvrent la porte aux chancres.
Les abricots continuent-ils de mûrir après la cueillette ? Ils ramollissent, mais ils ne se sucrent plus. C'est pourquoi il faut les cueillir à pleine maturité sur l'arbre, et pourquoi les abricots du commerce sont souvent fades.
Combien de temps un abricotier met-il à produire ? Trois à quatre ans après plantation selon la variété et le porte-greffe.