Les poiriers disponibles dans notre pépinière

Acheter un poirier (Pyrus communis), c'est choisir l'un des rares fruitiers dont la récolte s'étale sur presque toute l'année une fois la conservation prise en compte : des poires d'été dès juillet avec le Docteur Jules Guyot, des poires d'automne en septembre, et des poires de garde qui se consomment jusqu'en mars. Nous greffons nos poiriers sur Franc Kirchensaller et Pyrodwarf, ce qui permet d'adapter la vigueur à la taille du jardin. Attention à un point : la plupart des poiriers sont autostériles et exigent un pollinisateur.
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Quelle poire d'été planter ?

Les poires d'été se récoltent de juillet à la mi-août. Elles ne se conservent pratiquement pas : on les cueille fermes et on les mange dans les jours qui suivent. C'est la famille à choisir si vous êtes au jardin l'été et que vous n'avez aucun local de conservation.

Un conseil de pépiniériste : ne plantez pas deux poires d'été aux dates proches. Échelonnez, ou vous aurez tout à manger en dix jours.

Quelle poire d'automne choisir ?

Récoltées de septembre à mi-octobre, elles tiennent de quelques semaines à quelques mois selon la variété. C'est le meilleur compromis pour la plupart des jardins, et la famille où se trouvent les plus grandes poires de table.

Quelle poire d'hiver planter, et faut-il une cave ?

Les poires d'hiver se récoltent fin octobre et en novembre. Elles sont immangeables à la cueillette et ne se révèlent qu'après plusieurs semaines au frais. C'est la famille la plus gratifiante et la plus exigeante.
  • Passe-Crassane : récoltée en octobre, mangée de janvier à mars, autrefois la plus cultivée de France.
  • Figue d'Alençon : sa saveur s'affine tout l'hiver, avec un arôme musqué et anisé.
  • Comtesse de Paris : récolte fin octobre, consommation en décembre et janvier.
  • Président Héron : la poire de conservation française, récoltée en octobre.
  • De Livre : récolte mi-octobre, conservation jusqu'en mars.

Une condition, et elle n'est pas négociable : il vous faut un local frais, sombre et aéré. Cave, cellier ou garage non chauffé. Sans cela, ces variétés perdent leur seul intérêt et vous seront décevantes. Si vous n'avez pas de cave, prenez une poire d'automne.

Quelle poire de garde se conserve le plus longtemps ?

« Poire de garde » et « poire d'hiver » sont souvent confondues. La nuance compte : une poire de garde se conserve, une poire d'hiver s'affine et devient meilleure avec le temps. Les meilleures gardes de notre gamme tiennent de décembre à mars.

Le stockage compte autant que la variété : une seule couche, fruits sans contact, pédoncule vers le haut, et jamais à côté de pommes ou de coings.

Quelle poire à cuire choisir ?

Toutes les poires ne se valent pas à la cuisson. Les meilleures poires à cuire ont une chair ferme qui tient au four et ne se délite pas en compote grise. Certaines n'ont d'ailleurs pas grand intérêt crues, et c'est assumé.
  • De Sang : une poire à cuire, pas une poire de table. Son jus caramélise en rouge à la cuisson.
  • De Livre : gros fruit à chair ferme, la poire à cuire de garde par excellence.
  • Cocomerina : elle ne se conserve pas longtemps, mais elle est remarquable au four et en compote.
  • Mavrodin Rouge : compote, confiture, pâtisserie et jus, avec la couleur en prime.
  • Williams Bon Chrétien : la référence des bocaux, des conserves et de l'eau-de-vie.

Quel poirier planter en altitude ou en région froide ?

Le poirier monte bien en altitude, souvent mieux qu'on ne le croit. Le facteur limitant n'est pas le froid de l'hiver mais les gelées de printemps sur la floraison. La bonne stratégie consiste donc à choisir des variétés à floraison tardive et à soigner l'exposition.
  • De Livre : floraison tardive, variété que nous recommandons en premier pour l'altitude.
  • Comtesse de Paris : floraison tardive en avril, qui passe après les gelées.
  • Louise Bonne d'Avranches : bonne résistance au gel, adaptée aux hivers rigoureux.
  • Soldat Laboureur : robuste et s'adaptant à des climats variés.
  • Cocomerina : sa chair rose s'intensifie justement quand elle est cultivée en altitude.

Greffez sur franc : l'enracinement profond et la longévité sont des atouts décisifs en montagne, où les arbres à porte-greffe faible souffrent.

Quel poirier résiste à la sécheresse ?

Sur cette question, le porte-greffe pèse plus lourd que la variété. Un poirier greffé sur franc développe un enracinement profond qui va chercher l'eau bien en dessous de ce qu'atteint un cognassier, et c'est pour cette raison que nous greffons ainsi. C'est le premier levier, avant même le choix variétal.
Deux variétés de notre gamme se distinguent ensuite.
  • Cocomerina : ancienne variété italienne réputée pour sa robustesse et sa résistance à la sécheresse.
  • Docteur Jules Guyot : prisée dans le Midi, à l'aise dans les étés chauds et secs.

Nous ne prétendons pas que les autres soient inadaptées : bien plantées sur franc, elles passent nos étés. Mais si la sécheresse est votre contrainte principale, ces deux-là sont celles par lesquelles commencer.

Quelle poire à chair rouge planter ?

C'est la curiosité que personne ne trouve en magasin, et nous en greffons trois. La chair colorée vient de pigments naturels présents dans des lignées anciennes, et son intensité dépend de l'ensoleillement du fruit.
  • Mavrodin Rouge : précoce et productive, chair rouge sur les fruits bien exposés, excellente crue.
  • De Sang : petite poire ronde du Pas-de-Calais, dont le jus caramélise en rouge à la cuisson.
  • Cocomerina : chair rose éclatante et léger arôme de muscat, plus colorée en altitude.

À ne pas confondre avec la Williams Rouge, dont c'est la peau qui est rouge et la chair qui reste blanche.